Les parfumeurs joailliers redoublent d’éclat

0

Si la parfumerie française de l’entre-deux guerres se caractérise par l’irruption des couturiers parfumeurs, celle des années 70 et surtout 80, voit surgir de nouveaux acteurs du luxe, bien décidés à redoubler d’éclat et à faire valoir leur légitimité sur la catégorie : les joailliers !  Auteur : Nicolas Goulier
Pour l’anecdote, le premier joaillier à s’illustrer est la Maison Lacloche, aujourd’hui disparue mais illustre en son temps, qui lance en 1954 son « No 1 », dans un flacon en forme de cloche dorée, laquelle ne tardera pas ironiquement à sonner le glas de la marque. Une tentative restée sans suite pendant plus de 20 ans, puisque c’est en 1976, que Van Cleef & Arpels ouvre véritablement le bal des joailliers parfumeurs, avec son très chic et bien nommé  « First », un floral adhéhydé de facture classique mis au gout du jour par une facette aérienne verte et croquante.
La place Vendôme s’est mise en ordre de marche…la panthère de la Rue de la Paix ne tardera pas à sortir ses griffes pour lui emboiter le pas.
Ce sera en 1981, le cultissime et inégalé « Must » de Cartier, pour lequel le joaillier, image oblige, va sortir le grand jeu et  jouer la carte du luxe à l’état pur, tel que l’esprit extraverti de l’époque l’y invite.
Un parfum d’excès et de chic infini, d’épure et de démesure, d’harmonie et de contraste, un parfum dont le nom à lui seul sonne comme un impératif et une garantie, comme une injonction et un signe de ralliement ; pour reprendre cette formule qu’en donne une publicité de l’époque, Must est « devenu synonyme de ce que l’on fait pour accéder à un style de vie privilégié » !
Il faut dire que la marque Must existe depuis 1973, rendue célèbre par cet iconique briquet éponyme dont le succès planétaire sera relayé par une luxueuse gamme d’accessoires faisant de Cartier une destination cadeau de tout premier plan.
A cette collection, Il ne manque plus que le parfum et c’est au fameux briquet que le flacon empruntera sa forme ; une coque  en or godronné enfermant le précieux liquide, comme une pierre fine en serti clos sur sa monture, le tout présenté dans l’écrin de cuir rouge floqué de guirlandes dorées , symbole de la maison.
Le parfum est à la hauteur de son luxueux habillage, une composition inédite , fastueuse et complexe, qui nous emporte aux confins des terres himalayenne du Nawab de Rampur et des palais de marbre du Maharajah de Patiala
Must de Cartier est un oriental d’un nouveau genre , qui se situe au carrefour de plusieurs routes , celle inattendue de la fraicheur herbacée du galbanum , celle de l’opulence d’un riche bouquet floral , celle de l’exotisme ultra baumé des tropiques et celle de l’animalité exacerbée. Un oriental moderne à la grace féline, dont le sillage inspirera par la suite tout une lignée de parfums à la sensualité décomplexée !
Quant aux Joailliers, de Chopard à Tiffany, de Boucheron à Bvlgari, et de Chaumet à Mauboussin, tous dans la foulée et à pas cadencé , répondront un à un à l’appel du parfum !

Share.

Comments are closed.