L’industrie papetière française gravement menacée par la récession 

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Bien que, de mi-mars à fin mai, le niveau d’activité de l’industrie papetière n’ait chuté que de l’ordre de 10 % par rapport à une situation normale, les perspectives sont négatives et la récession dans laquelle entre la France pourrait avoir un effet dévastateur pour ce secteur. C’est dans ce contexte que COPACEL dévoile ce jour un ensemble de propositions, ceci avec l’objectif qu’elles soient reprises dans le plan de relance en cours de rédaction par le Gouvernement.

 L’industrie papetière est fortement mobilisée depuis le début de la crise sanitaire, et son taux d’activité demeure élevé, même si des écarts sont notables selon les segments d’activité (demande soutenue pour les papiers d’hygiène et d’emballage, forte baisse des papiers graphiques). Ce taux de 90 % s’explique par le caractère essentiel des biens qu’elle fabrique, que ce soit en matière de lutte contre la pandémie (papier pour masques, boîtes de médicaments, mouchoirs jetables…) ou pour le maintien de fonctions vitales du pays (emballages alimentaires, fonctionnement des chaînes logistiques…). La poursuite de la production doit également beaucoup à la capacité qu’ont eue les entreprises, directions et partenaires sociaux, à rapidement prendre les mesures permettant d’assurer la sécurité sanitaire des collaborateurs, qui ont ainsi majoritairement pu continuer à tenir leurs postes.

En dépit de cette situation a priori favorable, les entreprises papetières s’attendent à être durement touchées par la récession à laquelle la France va devoir faire face. Même s’il est possible d’anticiper la poursuite de tendances favorables (remplacement croissant du plastique par des papiers/cartons dans l’industrie de l’emballage, recours accru aux papiers d’hygiène pour l’essuyage, accélération du commerce en ligne…), la difficulté majeure qui se profile est celle d’une chute de la consommation.

Cette chute (réduction des échanges inter-entreprises, contraction de la publicité « print », consommation en berne d’une partie des ménages, dont le pouvoir d’achat sera rogné…) conduira en effet à un déséquilibre entre l’offre et la demande de papiers cartons, ce qui aura des conséquences dramatiques pour une industrie très capitalistique, dont l’équilibre économique nécessite des « taux de charge » élevés des machines.

De cette situation de déséquilibre risque de résulter un contexte déflationniste sur les marchés européens des papiers et cartons (l’échelle européenne, voire mondiale, est celle qui s’applique à ces produits), dont un des effets sera de menacer la pérennité des entreprises dont les coûts de revient sont les plus élevés.

Un autre effet négatif de la récession sera de limiter les capacités d’investissement des entreprises, et ainsi freiner les projets permettant la transition écologique de l’industrie papetière et de la société. Des retards dans ce type de projet seraient d’autant plus préjudiciables que cette industrie dispose de nombreux atouts pour accélérer l’émergence d’une société décarbonée, utilisatrice de ressources renouvelables, et reposant sur les principes de l’économie circulaire.

C’est dans ce contexte que COPACEL rend public ce jour un ensemble de propositions destinées à être reprises dans le plan de relance de l’économie qui sera dévoilé en septembre par le Gouvernement. Ces propositions visent à favoriser la transition écologique (soutien à la production de chaleur décarbonée ; soutien aux secteurs intensifs en énergie, qui améliorent l’empreinte carbone de la France ; encouragement à la valorisation économique de la forêt française…), et à soutenir la compétitivité des entreprises (baisse de la fiscalité de production ; simplification administrative ; soutien à l’apprentissage…).

Pour Philippe d’Adhémar, Président de COPACEL, « nous espérons que nos propositions, qui contribuent à la transition écologique et à la compétitivité de notre industrie, emblématique de l’économie circulaire, seront entendues par les pouvoirs publics. Dans le cas contraire, la crise actuelle risque d’avoir un effet dramatique sur une industrie très ancrée dans les territoires et qui, en comparaison de ce que l’on constate chez nos voisins, s’est fortement contractée depuis 20 ans, favorisant ainsi des importations de produits à plus forte empreinte carbone».

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